Contribution 4: Le management numérique

entrer dans le 21eme siecle?

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Qualifier les acteurs, accompagner les associations, développer des plateformes numériques, créer des centres de ressources au service des outils et de la gouvernance des  associations.  Réussir la mutation  des associations…

L’exposé des motifs

Les outils numériques sont partout; ils pénètrent tous les rouages de la société. Les associations n’y échappent pas. « Recherche et Solidarités [1]» dans une étude récente soulignait que la plupart des associations usent des outils numériques, qu’elles soient grandes ou petites, employant ou non des salariés, à la campagne comme à la ville. Le numérique offre des opportunités en matière de communication, allège les procédures, permet des économies, favorise la participation…
La dématérialisation des procédures se généralise, les coûts d’utilisation baissent, les outils deviennent accessibles au plus grand nombre. La même étude souligne que l’âge n’est pas une barrière. Les seniors usent des outils numériques tout autant que les plus jeunes. La fracture est ailleurs, notamment entre ceux qui maîtrisent l’expression écrite et les autres.

Elle est aussi dans les usages entre d’un côté, ceux qui se contentent d’une utilisation immédiate et éphémère des informations reçues ou produites et d’un autre côté, ceux qui accèdent à l’exploitation, la structuration de ces données… Fracture invisible et pourtant bien réelle. Invisible, car l’accès au numérique est facile. Il est aisé de consulter un moteur de recherche, d’envoyer un mail, un sms, de partager une photo… Les opérateurs ne cessent de nous faciliter la tâche. Mais au-delà, il reste difficile d’user de ces outils pour structurer nos actions, pour consolider le projet. « Recherche et Solidarités » souligne le danger qui guette les dirigeants associatifs.

Les outils numériques et les nouveaux espaces qu’ils nous font découvrir, peuvent nous détourner du sens même de notre action. Le numérique, ce n’est pas seulement la mise à disposition de nouveaux outils, c’est un changement de paradigme qui bouscule les rapports sociaux. Le fonctionnement associatif n’y échappe pas. Le numérique s’affranchit des barrières institutionnelles. Les tâches, les procédures ne sont plus enfermées dans des espaces dédiés; les démarches se diversifient, l’écosystème des organisations en est bousculé. Aucun secteur n’y échappe, que l’on regarde du côté des usagers,  de l’engagement bénévole, de la gestion financière de l’administration…

  • Les pratiques numériques favorisent la réactivité des projets, donnent accès à de nombreuses informations qui permettent d’enrichir la démarche. La dématérialisation des procédures, allège le mode de fonctionnement des associations. Elles deviennent plus mobiles, l’ordinateur, le cloud deviennent progressivement le siège social de l’association. Les coûts de fonctionnement peuvent être mieux maitrisés et revus à la baisse…Ouvert 24h sur 24, Internet permet aux associations d’adapter leur mode de fonctionnement à la disponibilité des bénévoles, l’absence du territoire n’interdit plus la participation à un projet local… Le jeune étudiant parti à la ville peut à distance continuer de participer au projet local, le trésorier peut à distance suivre les comptes de l’association…
  • Mais ces forces évoquées sont autant de faiblesses, si la gouvernance du projet associatif n’évolue pas en conséquence. Le modèle traditionnel de fonctionnement des associations repose sur des lignes de hiérarchie, une répartition des rôles, une définition des parcours… incompatibles avec les pratiques émergentes.

L’accès aisé aux moteurs de recherche, aux réseaux sociaux ou aux mails peuvent donner l’illusion que le numérique, c’est facile. Mais devant la multiplication des sources d’information, les associations sont souvent démunies. Elles peinent à traiter l’information, à dégager l’essentiel du détail …

La révolution numérique ne concerne pas seulement les outils. Elle s’attaque aux principes de management. Les  associations  doivent  réinterroger  leurs principes de fonctionnement.

  • Le risque de déstabilisation est important. Les sources de financement comme le «crowd founding » bousculent la culture de la subvention  tant du côté des pouvoirs publics que des associations… ; les nouvelles pratiques bénévoles, sont incompatibles avec le fonctionnement traditionnel des associations ; La circulation rapide de l’information, la diversification des sources peuvent désorienter les responsables associatifs…L’éphémère n’est pas nécessairement compatible avec la pérennité et les enjeux du développement durable.

 

Les propositions pour le Numérique

  • Un centre de ressources dédié aux associations
    Il existe des espaces ressources dédiés au numérique, mais on y trouve rarement des outils ou des informations dédiés aux associations:Http://www.netpublic.fr : le site de référence des EPN ne dit rien des associations
    Http://transition-numerique.fr : le site mis en place par le ministère de l’économie ne parle qu’aux entreprises… Même si l’on peut s’approprier la plupart des outils proposés il faudrait les accompagner d’exemples, de recommandations spécifiques aux associations…
  • Développer des plateformes numériques territoriales (cf. propositions territoires) 
    On  trouvera sur ces plateformes des supports techniques, des tutoriels, des conseils, des débats sur le management  du projet associatif. Ces plateformes territoriales pourront fonctionner  en  réseau infra ou supra territorial. Des partenariats avec des acteurs comme Assoconnect, ADB Solidatec seront passés. Des prolongements territoriaux de ce type d’initiatives seront encouragés.
  • Accompagner les associations
    En appui sur les plateformes évoquées dans le volet territoire,  il sera proposé un accompagnement des associations  sur le management  du projet à l’heure du numérique. Des dispositifs  comme le DLA pourront être mobilisés  sur la dimension  numérique.   Ces initiatives  devront être accessibles  à la diversité des associations d’intérêt général et pas seulement aux associations  ayant des salariés. Les fonds de dotation territoriaux pourront être également mobilisés.
  • Qualifier les acteurs
    Les référentiels de formation de  l’ensemble des formations  aux fonctions d’animation qu’elles soient professionnelles ou non devront intégrer un volet numérique.

[1] Cf. développement numérique  dans les associations et nouvelles formes de mobilisation citoyenne

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