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A 28 ou Notre-Dame ? Quelle démarche choisir ?

On recense en France 1.3 million d’associations actives,  soit environ deux associations pour 100 personnes. Sur un territoire de 100 000 habitants,  on trouve donc en moyenne 2 000 associations dont, généralement, la moitié seulement est identifiée par les élus locaux.

Les associations sont des acteurs de premier plan sur les territoires, Elles sont les interlocuteurs quotidiens des citoyens qui, dans leur grande majorité, leur font confiance. Elles développent des services, mobilisent les énergies.

Encadrées par les réseaux fédératifs partenaires de l’État, les associations ont accompagné le développement de la 5ème République : pas un canton sans un foyer rural, une MJC, un centre social, un club de sport, une bibliothèque pour tous… Longtemps les bénévoles associatifs ont exercé de fait les missions des « fonctionnaires » que le Ministère de la Jeunesse et des Sports n’avait pas.

Mais aux contours des années 80, sous l’effet notamment des lois de décentralisation, cette « cogestion » des territoires a cédé le pas à la prestation de services et  bien souvent même au « marché. »  Avec le désengagement de l’État, les réseaux fédératifs se sont affaiblis, les associations locales sont plus nombreuses, mais aussi bien souvent plus fragiles avec un fonctionnement à court terme, une forme de repli sur des intérêts immédiats.

Si dans un premier temps, certains responsables locaux ont pu s’en féliciter, les récents événements de Notre-Dame des Landes incitent à la prudence. Les associations ont montré leur capacité à se mobiliser, à multiplier les recours et, au bout du compte, à rendre impossibles des projets qu’on pensait inéluctables. Le développement des réseaux sociaux devrait encore renforcer leur capacité à la mobilisation. Et aujourd’hui bon nombre de questions se posent en Normandie quant à l’avenir de certains projets d’infrastructures.

Mais le pire n’est pas certain et il existe en Normandie un bon exemple : celui de l’autoroute  A28 où, grâce à un dialogue fructueux, entamé dès la conception du projet, entre Bouygues et les acteurs des territoires traversés, non seulement l’autoroute a pu se faire, mais le projet a su intégrer les propositions des habitants. Le parcours a été amélioré et l’ouverture s’est faite avec deux semaines d’avance du fait même de l’absence de blocages, pourtant intégrés dans le planning[1]. Dans le même ordre d’idées, on pourrait comparer également les conditions dans lesquelles se mettent en place les projets éoliens de Courseulles et Dieppe-le Tréport. Sans prendre parti sur le fond des dossiers, on peut souligner les différences dans les démarches.

Le développement des territoires ne peut plus être seulement une affaire de techniciens. Il convient de confronter leur expertise à celle des usagers. Et ce d’autant plus que le niveau de celle-ci augmente au fil des ans. Le Grenelle de l’environnement, les accords de Paris en témoignent.

Mais il faut pour cela réunir deux conditions au moins : d’une part associer l’ensemble des acteurs dès la conception des projets, d’autre part aider les réseaux associatifs à inscrire leurs projets en résonance avec ceux des autres acteurs du territoire. Les associations doivent être davantage accompagnées sur ce terrain, comme le sont les collectivités locales et les entreprises.

C’est le sens de la démarche initiée par le réseau Associations et Territoires. Il y a quelques jours, nous avons diffusé  une plaquette présentant notre contribution au plan national de développement de la vie associative, annoncé par le Premier Ministre. Ces propositions qui peuvent, pour certaines, être facilement mises en œuvre, s’inscrivent dans cette perspective de faire des associations, des contributeurs à part entière à l’animation et au développement des territoires.

Nous sommes à la disposition de tous ceux qui souhaitent développer cette dimension nouvelle de l’aménagement du territoire.

Philippe Thillay

Télécharger cet article au format PDF : http://bit.ly/ATN-A28-ND
Télécharger notre contribution : http://bit.ly/ATN-propositions-plan

 

 

[1] Chef du Département Gestion urbaine de l’IUT d’Alençon à cette époque, des étudiants avaient participé à l’aventure.

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