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la Chienlit non, la Révolution oui ?

Gilets jaunes en haut et COP 23 en bas, faut-il choisir?

Des gilets jaunes dans la rue, la planète à sauver, un devoir d’initiative à tous les étages, une approche renouvelée des corps intermédiaires, des convergences entre les acteurs… Révolutionnaire?

les gilets jaunes inquiètent.

Les gilets jaunes inquiètent et pas seulement certains responsables politiques. Les scènes auxquelles on assiste aux carrefours, les messages, les vidéos postés sur les réseaux sociaux interpellent. Même si les Pouvoirs publics arrivent à maîtriser l’incendie, il n’est pas sûr qu’ils puissent l’éteindre. Il peut couver et rejaillir d’ici quelques semaines. Le désarroi est profond, les incompréhensions très fortes tandis que l’exaspération de ceux qui ne manifestent pas monte… .Le dialogue social si nécessaire, semble difficile à rétablir.

Au-delà des revendications, le vivre ensemble.

Les Gilets jaunes souhaitent être écoutés mais en même temps, rejettent les organisations politiques, les syndicats et même maintenant les associations… Ces institutions créées par la République pour assurer le dialogue entre la société civile et la société politique.
Plus de curés pour encadrer les paroissiens, plus d’instituteurs pour développer l’éducation permanente, plus de médecins itinérants… .Des Télévisions Nationales, de grands journaux concurrencés par les médias numériques, les « youtubeurs ». Des initiatives citoyennes qui se multiplient mais sans réelle régulation, sans la mise en perspective et la mise en convergence qu’apportaient les corps intermédiaires.

Les lois de décentralisation ont progressivement mis à l’écart les réseaux historiques. Les élus locaux, forts de leur légitimité, ont d’une manière générale, laissé de côté le dialogue social. Ils se sont réfugiés derrière une lecture restrictive des compétences définies par la Loi, et une conception étriquée du champ social.  Et même quand les conseils de développement sont apparus dans les intercommunalités, la question sociale est restée en dehors du périmètre. Pourtant l’aménagement du territoire, compétence des Régions et des intercommunalités, passe nécessairement par le dialogue social.

A la décharge des élus, les grands réseaux associatifs ont  beaucoup de mal à intégrer les conséquences de la décentralisation. Les filières, les organisations verticales ont continué à être la référence quand bien même sur les territoires, se développait une approche beaucoup plus globale du développement. Les organisations nationales ont bien du mal à intégrer le désir et la capacité des acteurs locaux à penser par eux-mêmes. Au final, le tissu associatif s’est délié, les mailles se sont défaites. Les associations, enfermées dans la  conduite d’activités « occupationnelles », peuvent perdre de vue l’intérêt général.

Pour autant.

Pour autant le pire n’est pas certain. « Le développement économique ne peut exister sans le développement social ». Les accords de Paris issus de la COP 21 sont une avancée considérable. Malgré le désengagement de certains, ils témoignent d’une réelle prise de conscience amorcée en 1992 avec l’Accord de Rio.
L’article 3 du traité constitutionnel de l’Union Européenne est lui aussi encourageant. L’Europe se définit comme « une Économie sociale de marché ». L’Économie sociale n’est donc plus l’apanage de quelques entreprises « mais de la société tout entière ». On  peut se féliciter   aussi de l’article 62 de la récente loi Pacte permettant d’élargir l’objet social des entreprises.
Dans notre Région, des exemples comme  »  Ecosystèm  Cléon 4.0 » témoigne de l’évolution de certains acteurs économiques. Ils montrent que des synergies peuvent se développer entre des entreprises de différents secteurs, mais aussi entre les entreprises et les associations…

Paris, encore révolutionnaire ?

Le développement durable auquel une majorité des acteurs se réfère aujourd’hui suppose un changement radical d’univers de références. Diminuer en quelques dizaines d’années de 70% nos dépenses énergétiques, se défaire de notre dépendance au Carbone… suppose un changement radical de société. Ce n’est pas d’une révolte dont nous avons besoin, mais d’une véritable révolution.
Deux éléments essentiels doivent être réunis:

  • Une mise en perspective d’une part, ouvrant vers le moyen terme. Nous avons besoin d’un grand dessein diraient certains.
  • des acteurs d’autre part, pour incarner cette dynamique.

Si au 18eme siècle, les philosophes des Lumières ont apporté les perspectives, si les bourgeois entreprenants ont été les acteurs de la Révolution, aujourd’hui l’accord de Paris offre les perspectives, tandis que les citoyens dans leurs diversité, dans une société éduquée, multipolaire, peuvent être les acteurs de premier plan recherchés.

Il reste à établir la jonction entre les experts, porteurs des enjeux du développement durable et les citoyens. C’est la condition nécessaire pour sortir par le haut de la profonde crise que depuis plus de 30 ans maintenant, notre Pays traverse. Cela ne se fera pas sans effort, les résistances notamment « des vieilles élites » seront fortes.

Le Président de la République à plusieurs reprises, a souligné sa volonté de s’appuyer sur les initiatives populaires. Il lui manque les relais. Les Start-up ne suffiront pas. Osera-t-il relancer le développement de Corps intermédiaires ? Ceux-ci accepteront-ils sans perdre leur âme de participer  à l’émergence de ce monde nouveau ? Et si on en faisait le pari?

 

8 commentaires sur la Chienlit non, la Révolution oui ?

  1. L’Europe se définit comme « une Économie sociale de marché ».
    le problème c’est que cette Europe ne prévoit ni harmonisation fiscale ni harmonisation sociale d’ou stagnation et même diminution des salaires et diminution des recettes fiscales.

    • Bonjour,
      Loin de moi de défendre toutes les actions de l’UE, mais la convergence des diverses économies nationales est au coeur du projet européen. Mais cela ne se fera pas tout seul. il est nécessaire que les citoyens de nos divers pays se mobilisent pour consolider cet espace de paix et de relative prospérité qu’est l’Europe. Les avancées existent, comme par exemple celle qui oblige les employeurs d’appliquer les charges du pays d’accueilet non plus du pays d’origine…. L’union est un combat

    • Bonjour,
      Loin de moi de défendre toutes les actions de l’UE, mais la convergence des diverses économies nationales est au coeur du projet européen. Mais cela ne se fera pas tout seul. il est nécessaire que les citoyens de nos divers pays se mobilisent pour consolider cet espace de paix et de relative prospérité qu’est l’Europe. Les avancées existent, comme par exemple celle qui oblige les employeurs d’appliquer les charges du pays d’accueil,et non plus du pays d’origine…. L’union est un combat

      • bonjour,
        vous avez raison pour l’espace de paix, mais sur le plan économique le manque d’harmonisation fait que même si les employeurs doivent appliquer les charges du pays d’accueil, le compte n’y est pas.
        rien ne les empêche de délocaliser dans un pays à charges sociales plus faibles ou à charges fiscales plus faibles.

        • et c’est bien le sens des politiques structurelles européennes, renforcer les territoires les plus faibles pour lutter contre les distorsions de concurrence. Cela passe par plus d’intégration européenne et nos pas le repli sur soi et l’élévation de barrières douanières au sein de l’Europe qui ne ferait renchérir les coûts.

  2. le problème c’est que la finance est internationale et que c’est elle qui mène le jeu et elle n’a pas envie que les distorsions de concurrence disparaissent et comme la commission européenne est noyautée par les lobbys il va falloir beaucoup de temps pour que vos souhaits se réalisent.
    en attendant l’extrême droite est au pouvoir aux USA, au Brésil en Hongrie, en Italie.
    des sociétés mafieuses, ce qui n’est pas mieux, sont au pouvoir en ex URSS, en Chine et dans beaucoup d’autres pays.
    j’espère que le mouvement des gilets jaunes incarne le refus de tout cela, mais nous verrons le résultat dans les urnes.
    si l’Europe basculait à l’extrême droite aux prochaines élections ce serait la fin de cette Europe et tout ceux qui ont soutenu ce modèle en porteraient la responsabilité.

    • je vous laisse la responsabilité de votre réponse. par ailleurs, je vous propose d’arrêter là notre conversation; deux raisons à cela:
      – Associations et Territoires s’intéresse d’abord à la question associative. et c’est de ce point de vue que nous abordons la question européenne,la question des gilets jaunes ou tout autre question
      – la seconde, vous connaissez nos coordonnées, vous savez qui nous sommes, mais nous n’avons qu’un pseudo vous concernant.
      bien cordialement

  3. d’accord sur le fait de la question associative, votre article était quand même un article politique au sens originel de ce mot.
    revenons donc aux associations, vous écrivez « les grands réseaux associatifs ont beaucoup de mal à intégrer les conséquences de la décentralisation ».
    c’est exact, les associations font partie d’une fédération nationale avec parfois des relais régionaux.
    au niveau local les restrictions budgétaires ont amené les élus a diminuer leur soutien aux associations, de nombreuses ont mis la clé sous la porte.
    de leur côté les élus des nouvelles régions ont recentralisé à leur niveau et de ce fait les élus des communes se sont trouvés dépossédés d’une partie
    de leur compétence en la matière.
    pour en revenir aux gilets jaunes seules les organisations caritatives ont vraiment un contact avec la réalité sociale et agissent pour l’intérêt général.
    Friboulet n’est pas un pseudo, c’est mon nom, mon prénom est Gérard et je réside à Pont-Audemer dans le département de l’Eure.
    cordialement

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