Associations : dépasser les lieux communs

15 décembre, contribuez dès maintenant

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Dans son intervention le 9 novembre, à propos des  associations, Édouard Philippe a souligné la modernité de la loi 1901 en pointant cependant la nécessaire adaptation de ses conditions de mise en œuvre aux évolutions de la société. Ce disant, il a annoncé la présentation au printemps prochain d’un plan d’action national, élaboré en concertation avec les associations. Par-delà les espaces de concertation institutionnels, il a invité ces dernières à se mobiliser.

Depuis plusieurs années déjà, au sein d’Associations-et-Territoires, nous soulignons la tendance des associations à reproduire des lieux communs dont il est nécessaire de se départir, si on veut poser les bases d’une dynamique nouvelle. Ainsi par exempe :À

  • À propos de la démocratie : si la loi 1901, comme le dit Édouard Philippe, exprime une liberté fondamentale, garantie aujourd’hui par la Constitution, elle n’oblige en aucun cas les associations à la démocratie. Ce n’est qu’une possibilité parmi d’autres. Toutes les libertés sont permises en ce domaine.
  • De même, les associations ne sont pas par définition au service de l’intérêt général. Elles peuvent l’être si elles le décident, mais ne le sont pas par nature.
  • Autre exemple : les associations seraient source de cohésion sociale. L’article 1 de la loi dit le contraire. L’association est un espace privé organisant l’entre-soi. Le législateur l’avait d’ailleurs voulu ainsi, craignant le mouvement social que pourrait générer la dynamique associative (notamment celle de l’Église qui, à l’époque, acceptait mal la République).

Certes, au sortir de la Seconde Guerre mondiale, le Gouvernement d’Union nationale sous l’égide du Général De Gaulle et du Conseil National de la Résistance, s’est appuyé sur la loi 1901 pour associer la société civile à la reconstruction du Pays. L’État a mobilisé de grandes coordinations nationales, n’hésitant pas le cas échéant, à les créer dans les secteurs où elles n’existaient pas. La Vème République a conforté cette dynamique. C’est cela qui, au fil des ans, a conduit à confondre loi 1901 et démocratie, cohésion sociale ou intérêt général… On ne parlait que des associations partenaires de l’État qui en contrepartie de son soutien devaient s’engager à respecter certaines règles.

Mais les lois de décentralisation ainsi que l’évolution des modes de vie, des pratiques sociales ont, depuis le début des années 80, déstabilisé cette forme de cogestion. Les associations se sont multipliées en dehors de ce cadre institutionnel alors même que celui-ci restait la référence. Petit à petit s’est créé un profond décalage entre la réalité associative et sa représentation.

Cette situation n’est pas spécifique aux associations. On  retrouve une évolution du même ordre du côté des entreprises par exemple, où les partenaires sociaux ont du mal à intégrer que 99% des entreprises ont moins de 50 salariés, que 65% d’entre elles n’en ont aucun.

L’univers institutionnel créé par la 3ème République pèse sur l’évolution de notre Pays. Les associations pour la plupart continuent à se penser comme un champ à part, entretenant des rapports lointains avec les autres acteurs des territoires et tout particulièrement les entreprises, quitte pour assumer la dimension économique de certaines de leurs activités, à surinvestir des concepts particuliers comme celui de l’économie sociale.

Il est nécessaire de réinterroger ces lieux communs, pour qu’au 21ème siècle les associations soient effectivement des acteurs à part entière de la Démocratie, du bien commun et du développement durable, reconnus  comme de réels partenaires des collectivités et des entreprises.

Nous pensons tout d’abord nécessaire de renverser la relation « centre – périphérie » ou tout au moins, de favoriser le courant alternatif. Les Territoires et notamment les nouvelles intercommunalités vont devenir les nouveaux territoires de référence au niveau local. L’expérience européenne en témoigne. Il est nécessaire de sortir d’une France structurée en sillons autonomes rayonnant autour de l’État central. Il faut penser les territoires dans leur complexité, valoriser les interdépendances, les partenariats entre les trois acteurs collectifs qui les animent à savoir : les collectivités et leurs administrations, les entreprises et les associations. Notre point de vue rejoint ici celui du Premier Ministre.

C’est pourquoi Associations-et-Territoires se définissant comme un pôle de Recherche-Développement, se sent légitime  et verser au débat sa propre contribution.

Nous proposons  d’organiser nos propositions  autour de  cinq thèmes majeurs :

  • L’intérêt général
  • Les ressources humaines
  • Les financements
  • Le numérique et la gouvernance associative
  • Les territoires et la place des associations.

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