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Service Civique

16-10-14-service-civiqueCet article a été rédigé par Philippe Thillay de Associations-et-Territoires en Octobre 2016

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Les associations de jeunesse et d’éducation populaire ont toujours milité pour le développement d’un dispositif comme le service civique, soulignant l’intérêt d’une démarche encourageant l’engagement des jeunes, les incitants à s’inscrire dans une démarche de projet. C’est donc tout naturellement que nos réseaux ont répondu présents pour accueillir les jeunes et ont soutenu sa généralisation. Pour autant, le dispositif ne suffit pas à sa réussite. Pour que cela fonctionne, il faut d’une part, qu’il y ait des jeunes à accueillir et ce n’est pas toujours le cas, notamment dans notre région qui souffre d’un solde migratoire négatif pour cette catégorie d’âges. Et d’autre part, qu’il y est des associations pour accueillir les jeunes. Elles existent dans notre région, mais accueillir une jeune peut être une lourde charge pour des bénévoles.

1.Des éléments de diagnostic

  • Points forts
    Au moment où beaucoup d’associations ont le sentiment d’un désengagement généralisé des  bénévoles, le soutien à l’engagement des jeunes apparaît comme une initiative heureuse. Les 70 000 associations présentes en Normandie sont autant de lieux d’accueil en ville comme en campagne. Dans une société en mutation, où le court terme est souvent la référence, l’encouragement des jeunes à s’engager apparaît comme une bonne chose et ce d’autant plus que les informations montrent que nombreux sont prêts à le faire.
  • Points faibles
    Le dispositif ne fait pas tout. Accueillir un jeune sans expérience ni sur le plan professionnel, ni sur l’engagement n’est pas facile. Il faut mettre en place un cadre de travail, qualifier le jeune aux tâches que l’on attend de lui et l’accompagner au quotidien. Beaucoup d’associations aujourd’hui peinent à conduire leur projet, du fait de la raréfaction des ressources qu’elles soient financières ou humaines. Accueillir un jeune c’est un coût qu’il faut pouvoir assumer. Certes, le jeune apporte sa disponibilité, mais l’efficacité n’est pas immédiate, tandis que ses manières de faire peuvent aussi bousculer des habitudes. Dans le même temps, bon nombre de témoignages, pointent l’absence de jeunes à recruter. Certes, on ne rencontre pas cette difficulté dans les centres métropolitains où se trouvent les étudiants, mais aussi, les autres jeunes de la périphérie attirés par les lumières de la ville. Ailleurs, dans les villages et les petites villes, les jeunes qui restent n’ont nécessairement pas bonne presse et les associations, on peut peut-être le regretter, hésitent à les recruter. Les jeunes partis à la ville hésitent à revenir : coût de la mobilité, de l’hébergement, peur de l’isolement…
  • Opportunités
    Le développement des projets de territoire que ce soit dans les nouveaux EPCI, dans le cadre des projets éducatifs ou  sur d’autres domaines comme les personnes âgées, la santé… , c’est autant d’opportunités à saisir. Une approche globale du territoire, de ses besoins permettrait d’aller au-delà des dispositifs, de les inscrire dans des dynamiques de développement, de susciter de nouvelles articulations, de créer de réelles synergies. Accueillir un collectif de jeunes pour accompagner les projets du territoire ce peut être une formidable ressource. Une approche globale faciliterait le traitement des points faibles évoqués plus haut.
  • Risques
    Si l’on reste enfermé dans la mise en œuvre de dispositifs, on risque de passer à côté de quelque chose d’important pour le développement et la cohésion de notre pays. Les jeunes des villes pourraient certes, accéder au service civique et ses avantages, mais les inégalités entre les territoires s’approfondiront, générant le sentiment, comme le souligne un récent communiqué des maires ruraux que tout va à la ville. Les villages, les bourgs investissent dans l’éducation de leurs enfants et au moment où ceux-ci sont en âge de s’investir à leur tour, ce sont les villes qui en profitent… On comprend bien l’exaspération sur laquelle surfent les extrémismes.

2.Une proposition: expérimenter des projets territoriaux

La plupart d’entre nous se félicitent du dispositif européen Erasmus: Il permet d’ouvrir les horizons professionnels et culturels ; il encourage la mobilité et permet notamment par les conditions d’hébergement de belles rencontres… Nous proposons d’initier une expérience du même type, mais à l’échelle infra-régionale.

Les freins expliquant le refus des jeunes à s’engager dans la France périphérique sont connus:

  • le logement : comment m’héberger trois jours par semaine sur un territoire alors que je peine à payer mon loyer en ville? Dans les villages, les bourgs, il existe des logements vides appartenant souvent à la municipalité. Nous pourrions facilement les mettre à la disposition des jeunes.
  • la peur de l’isolement: en proposant un hébergement collectif de qualité, on rompt la spirale de l’isolement. On favorise des rencontres entre les jeunes, mais aussi entre les jeunes et les habitants…
    Si par ailleurs, le territoire invite les associations, les écoles, les administrations, les maisons de retraite à initier une démarche collaborative, le projet de chacun en sera renforcé, des initiatives nouvelles pourront voir le jour.
  • la mobilité: les outils de la mobilité peuvent aujourd’hui facilement aider à trouver des solutions au parcours ville-lieu de mission. Sur le territoire local, des solutions alternatives peuvent voir le jour et ce d’autant plus si l’on s’inscrit dans une démarche collaborative, prêt de vélos, co-voiturage…

Il y a là nous semble-t-il la possibilité d’initier de beaux projets, source d’aventure personnelle et collective au service de l’épanouissement de chacun et le développement de tous.
Il suffit de trouver des territoires prêts à tenter l’expérience.

3.Les sources

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