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Les corps intermédiaires et l’engagement

Renouveler le dialogue social

Au cours du 20ème siècle, les corps intermédiaires sont devenus un rouage essentiel de la République. Ils relient les « élites » et la société civile. Ils conseillent les uns, encadrent les autres, actionnent l’ascenseur social… Au sortir de la seconde guerre mondiale, le gouvernement provisoire s’est appuyé sur les corps intermédiaires pour remettre en marche le pays. Cette manière de faire a été consolidée dès les débuts de la Vème République. La cogestion était un élément essentiel de la conduite politique.

Avec la décentralisation, l’individualisation des modes de vie, l’émergence des nouveaux outils de communication… les « décideurs politiques » ont pensé que ces corps intermédiaires étaient devenus inutiles. Les sondages, les réseaux sociaux devaient établir un lien direct entre les responsables et les citoyens. Plus besoin de passer par des intermédiaires par ailleurs vieillissant et sujets à des dérives corporatistes…30 ans plus tard quelle place pour les corps intermédiaires dans une société atomisée?

François Fillon n’évoque pas cette question. Il maintient le service civique, mais ne dit rien à propos de l’engagement individuel ou collectif, excepté à propos de thématiques particulières comme l’action sociale ou la culture… La participation des citoyens semble se réduire à une consultation directe au travers notamment, le recours au référendum.

Benoît Hamon, fidèle à la tradition socialiste, évoque le partenariat avec les mouvements associatifs, mais par contre, ne dit rien sur son adaptation aux réalités du 21ème siècle, notamment au regard de la loi Notre. Il maintient le dispositif du service civique. L’innovation, c’est la possibilité donnée aux citoyens d’imposer au Parlement l’examen de certains projets législatifs au travers d’un ‘49.3 citoyen’.

Marine Le Pen pour sa part, propose un rétropédalage généralisé. Adieu la loi Notre et la réorganisation des territoires. Revenons aux communes, aux départements. Il faut favoriser les petites associations, les élus de proximité, dont elle propose en même temps de réduire les indemnités. Le référendum suffit pour consulter le citoyen, le service militaire pour assurer la cohésion sociale… Le pouvoir central à besoin d’interlocuteurs affaiblis… On revient aux débuts de la IIIème République.

Emmanuel Macron renforce les capacités d’initiative des territoires dont il propose une réorganisation différenciée (fusion de certains départements avec une métropole…). La place des corps intermédiaires  y est reconnue, mais ils doivent respecter le cadre posé et rester dans leur rôle. Le service civique est maintenu, le service militaire réapparaît sous des formes nouvelles.

Jean-Luc Mélenchon comme Benoît Hamon réaffirme le rôle important des corps intermédiaires, mais lui non plus ne dit rien de leur réorganisation. Il favorise le recours au référendum. Il propose également  au plan institutionnel le retrait de la loi NOTRE. La commune reste l’élément de références.

 

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