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Ronds-points et Gilets Jaunes

Cléon-Tourville Zones et Ronds-Points

Traditionnellement les mouvements sociaux se donnent rendez-vous au cœur des villes, sur la place de la mairie ou devant la préfecture. Les Gilets Jaunes se sont réunis ailleurs, autour des ronds-points, prenant de court les divers observateurs.

La France est la championne d’Europe de ce type d’équipements. Ils témoignent d’une approche spécifique de l’aménagement du territoire, le zonage : une zone pour le travail, une autre pour l’habitat, pour le loisir, le sport ou encore l’éducation. Un lieu pour chaque chose avec ses codes, ses jeux de rôle. La photo aérienne de l’aire urbaine de Cléon en témoigne

Les ronds-points font le lien entre toutes ces zones. Ils permettent à la somme des « parties » de faire un « tout ». En s’y rassemblant, les Gilets Jaunes témoignent d’un fort mal-vivre aux dimensions multiples, au carrefour des différentes fonctions sociales.

Avec l’individualisation des modes de vie, des horaires variables de travail, la diversification des familles… passer d’une zone à l’autre devient difficile. Les transports en commun ne sont pas toujours là ou pas aux bons horaires, les membres d’une même famille ne vont pas dans les mêmes lieux, aux mêmes heures. Les déplacements sont de plus en plus compliqués et de plus en plus coûteux. Isolés même au milieu de la foule, les individus sont de plus en plus mal, écartelés entre leurs différentes fonctions, démunis face aux mutations à vivre.

Les ronds-points peinent à exercer leur fonction initiale. S’y retrouver leur donne une autre dimension. De passage, ils deviennent lieux de rencontre et de vie. Ils sont l’allégorie d’une société qui se défait mais aussi se cherche. Les ronds-points sont devenus des points de rencontre. Ils donnent à voir ce que l’on ne voyait pas, font converger des attentes, des demandes et des revendications.

Les premières réponses ne traitent que la partie émergée de l’iceberg. Le débat annoncé pour les semaines à venir offre un grand intérêt. C’est la possibilité d’approfondir le dialogue social, de l’élargir, de développer l’analyse, de faire émerger les bases d’une nouvelle manière de vivre, source d’épanouissement individuel, de développement collectif dans une société respectueuse de l’environnement, soucieuse de préserver l’avenir…

Encore faut-il ne pas rater le rendez-vous !
Associations-et-Territoires, dès le mois de janvier tentera d’assumer sa part.

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